La région Grand Est enregistre un net ralentissement du recours à l’intérim, un signal clé pour l’évolution du marché du travail. En novembre 2025, l’emploi salarié régional recule de 4,7 %, alors que la baisse nationale se limite à 1,7 % sur un an. Ces écarts imposent une lecture fine des secteurs pour anticiper les conséquences sur le recrutement et le taux d’intérim.
Économie Grand Est : bilan du recours à l’intérim
Le baromètre Prism’emploi pour la fin 2025 met en évidence un repli marqué de l’emploi intérimaire dans la région, mais avec des disparités sectorielles importantes. Le secteur industriel fait figure d’exception : l’emploi intérimaire y progresse de +1,7 % par rapport à 2024, signe d’une résistance structurelle malgré la conjoncture.
Pour illustrer, l’entreprise fictive « MétalNova », PME métallurgique basée en Lorraine, a maintenu une partie de ses effectifs temporaires afin d’absorber des pics de charge liés à des commandes export. Ce choix montre comment un acteur local peut atténuer l’effet d’un ralentissement régional du travail temporaire.
Variations par secteur et implications pour le taux d’intérim
Les chiffres révèlent que l’intérim recule principalement dans la construction et la logistique, tandis que l’industrie conserve une dynamique positive. Cette dissociation modifie le taux d’intérim moyen et pose des défis spécifiques aux recruteurs.
| Secteur | Variation intérim (T/T-1) | Observation |
|---|---|---|
| Industrie | +1,7 % | Maintien des effectifs pour pics de production. |
| Construction (BTP) | -8 % | Contraction liée à la chute des mises en chantier. |
| Logistique | -5 % | Diminution des volumes, réorganisation des flux. |
| Services | -2 % | Progression contrastée selon niches tertiaires. |
Insight clé : la lecture sectorielle est indispensable pour comprendre la portée du repli régional et orienter les politiques de recrutement.
Causes du ralentissement de l’intérim dans le Grand Est
Plusieurs facteurs expliquent ce ralentissement : une conjoncture économique incertaine, un recul de l’activité dans la construction et des décisions d’investissement retardées. La crise immobilière et la réduction des mises en chantier pèsent directement sur la demande en main-d’œuvre temporaire.
Par ailleurs, des évolutions réglementaires et des ajustements sociaux influent sur le recours à l’intérim. Les entreprises réévaluent le coût de la flexibilité et comparent désormais le coût d’un intérimaire aux alternatives contractuelles.
Réglementation, coût et gestion des contrats : impacts pratiques
La révision des conditions contractuelles et l’information accrue sur le régime de l’intérim modifient les arbitrages. Les employeurs s’interrogent davantage sur le coût d’un intérimaire et sur les nouvelles marges de manœuvre permises par les nouvelles règles de souplesse dans les contrats d’intérim.
Du côté des salariés temporaires, l’accès à l’information sur la paie et la protection sociale oriente les choix professionnels. Des ressources pratiques, comme celles pour calculer son salaire brut en net en intérim ou connaître les indemnités de fin de contrat, renforcent la transparence et influencent l’attractivité du travail temporaire.
Insight clé : la convergence entre pressions économiques et cadre réglementaire force les entreprises à revoir leurs modèles de flexibilité.
Conséquences pour le marché du travail et les pratiques de recrutement
Le recul de l’intérim affecte la capacité des entreprises à absorber des fluctuations d’activité et oblige à repenser les stratégies de sourcing. Les recruteurs se tournent davantage vers des solutions mixtes, alternant CDI intérimaire et renforcement des formations internes.
La PME « MétalNova » a, par exemple, converti certains contrats temporaires en parcours de formation visant la pérennisation des compétences locales. Ce type d’initiative illustre un chemin pragmatique face à la baisse du recours à l’intérim.
- Réduction de la flexibilité : moins d’intérim signifie des marges de manœuvre réduites pour gérer les pics d’activité; les entreprises doivent anticiper davantage.
- Pression sur les salaires : le déséquilibre offre-demande peut entraîner des ajustements salariaux pour fidéliser les talents.
- Montée de l’emploi permanent : conversion des contrats temporaires en CDI intérimaire ou CDI classiques pour sécuriser les compétences.
- Adaptation RH : investissement dans la formation et recours à des dispositifs comme le job-dating pour sourcer rapidement (job-dating France Travail).
Parmi les mesures pratiques, certaines agences incitent les intérimaires à privilégier des horaires atypiques pour maintenir un revenu, en détaillant les avantages de travailler les week-ends en intérim ou en proposant des solutions d’avance sur salaire (acompte en intérim).
Insight clé : l’évolution du recours à l’intérim contraint à repenser la combinaison flexibilité/compétences pour stabiliser le marché du travail régional.
Orientations pratiques pour les DRH et recruteurs
Pour limiter l’impact du recul temporaire, les services RH doivent développer des outils anticipatifs : mapping des compétences, recours au CDI intérimaire (qu’est-ce que le CDI intérimaire) et partenariats formation-entreprise.
Un acteur logistique en Alsace a mis en place des parcours qualifiants permettant de convertir des missions courtes en emplois pérennes; résultat : meilleure fidélisation et optimisation des coûts.
Insight clé : les politiques RH proactives transforment le ralentissement en opportunité de montée en compétence.